Des Oies,

ET DES NOIX

En Dordogne, les scientifiques de la Ferme de l’Oie et du Canard ont beaucoup travaillé sur l’agroforesterie. Le principe est de trouver une symbiose entre l’élevage des palmipèdes, le respect des sols, et la plantation d’arbres. L’équation est 100 % gagnante.
 

L’observation de la nature


Alain Fouillade est éleveur et gaveur d’oies, à Saint Geniès, près de Sarlat. Dans les années 1980 il s’est installé dans une exploitation, anciennement tournée vers l’ovin. Il y a démarré un petit élevage d’oies. Aux beaux jours, il s’est aperçu que dans la prairie, les oies manquaient sérieusement d’ombre. Préoccupé par le confort de ses animaux, il s’est mis à régulièrement planter des noyers. Aujourd’hui, les palmipèdes évoluent sur des parcours presque entièrement ombragés. Dans le même temps, l’éleveur a remarqué, que les noyers les plus appréciés par les oies, avaient l’air plus productifs. Ce qu’Alain Fouillade a découvert de manière empirique, les chercheurs de la Ferme de l’Oie et du Canard l’ont scientifiquement démontré.

 

 

Les apports de l’agroforesterie


Parmi les bienfaits de l’agroforesterie, on pense en premier au bien-être des oies. C’est essentiel, mais la démarche réserve encore bien des surprises.
Dans un élevage, quand les animaux sont nombreux, leurs déjections sont aussi importantes. Si les bêtes stagnent au même endroit, cela peut dégrader les sols. Pour l’éviter, il faut que les bêtes, et leurs déjections, soient mieux réparties. Pour cela, l’idée est de planter des arbres dans différents endroits. Voyant ces choix multiples, les oies vont naturellement se scinder en plusieurs groupes et occuper tout l’espace disponible.
Moins concentrées, ces déjections vont pouvoir apporter aux arbres tous leurs bénéfices. Elles remplacent ainsi l’engrais. Les scientifiques ont démontré que les noyers donnent 2 fois plus de fruits, avec des animaux, que sans eux. La pousse des arbres est également de 15 à 20% plus rapide.
Les noyers sont aussi importants pour empêcher l’érosion des sols. Ainsi, en cas de fortes pluies, ils sont excellents pour freiner les ruissellements.

 

 

 

 

L’agroforesterie, de la recherche, à la pratique


Depuis 10 ans, la Ferme expérimentale de l’Oie et du Canard mène de nombreuses recherches sur l’environnement. Les scientifiques de la Ferme ont été les premiers à publier des études sur l’agroforesterie. Leur but est maintenant de promouvoir les bienfaits de la démarche, auprès des exploitations agricoles. Jean-Pierre Dubois, directeur de la Ferme se félicite : « aujourd’hui, tout le monde se rend compte de l’intérêt ». Les plantations d’arbres sur les parcours bénéficient d’ailleurs d’aides, de la part de la Communauté Européenne.
De son côté, Alain Fouillade, l’éleveur d’oies, se réjouit d’avoir allié le confort des animaux, à une récolte de fruits abondante. Il a réuni les oies et les noix, deux emblèmes forts du Périgord.

 

 

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